Le débat lancé lors de l'Atelier sur le Bouclier sanitaire le 20 décembre dernier se poursuit !
Faut-il faire varier les dépenses de santé en fonction des revenus ? Faut-il moduler les dépassements d'honoraires ? Comment sauver le système français de sécurité sociale ?
Jean-Pierre Door, Député, a défendu sa proposition de loi sur le bouclier sanitaire.
Elisabeth Hubert, ancien Ministre de la santé, a expliqué pourquoi elle n'y était pas favorable.
Et vous, qu'en pensez vous ? Réagissez aux propositions de Jean-Pierre Door et Elisabeth Hubert, et postez vos commentaires pour poursuive le débat !
Le bouclier social semble un outil de simplification d'un système complexe de prises en charge,d'exonérations et de "restes à charge"...Toutefois, la proposition d'asseoir son plafond et le % de "reste à charge" sur le revenu fiscal pose certains problèmes :décalage entre revenu fiscal (annuel) et situation réelle (la maladie grave ne prévient pas!); risque aggravé de fraude sur le revenu fiscal; le revenu fiscal n'est qu'un élément de la richesse et partant de la faculté contributive.La mise en place éventuelle d'un tel système doit être faite avec le souci d'un apport à la réduction du déficit des comptes sociaux : d'où un reste à charge et un plafond pas trop bas ... beaucoup dépensent plus de 100€ par mois pour la téléphonie, la santé n'est-elle pas plus importante?
Rédigé par : ContrelRdutemps | 24/12/2011 à 19:35
Parler de "reste à charge" en % du revenu fiscal avec un plafond servant de "bouclier social" ... Oui, mais de quels "restes à charge" s'agit-il ? Avec ou sans assurance complémentaire ? Avec ou sans les prélèvements obligatoires et/ou les cotisations facultatives ? Avec ou sans certaines charges (ex: frais hôtelier ou de confort en milieu hospitalier, frais de résidence médicalisée ou spécialisée de type Alzheimer, dépassement d'honoraires etc.)?
Rédigé par : ContrelRdutemps | 24/12/2011 à 19:53
Je partage l'avis d'Elisabeth Hubert, face à l'élévation des coûts de la santé, le "bouclier social"n'est "qu'un cautère sur une jambe de bois"! Ce bouclier peut "amortir" les coûts en les rendant proportionnels au revenu fiscal jusqu'à un plafond mais il n'empêchera pas leur augmentation, notamment sous l'effet du recours à de nouvelles technologies (nanotechnologies par exemple) et à l'allongement de la durée de vie. De plus, en les rendant très transparents, il risque d'y avoir un rejet plus fort qu'avec la complexité et l'opacité d'aujourd'hui, entraînant alors une demande de hausse de la prise en charge par des régimes sociaux en forts déficits! Le bouclier social apparaît alors comme une fausse bonne idée qui ne résistera pas aux coûts!
Rédigé par : ContrelRdutemps | 24/12/2011 à 21:02
Au-delà du "bouclier social", présenté par Jean-Pierre Door, et qui n'est qu'un outil, l'intervention d'Elisabeth Hubert renvoie au système complexe de la santé avec une prospective d'élévation de coûts à financer. Ce système complexe a un "espace de rationalité"scientifique et économique où la logique collective du rapport coût/efficacité doit primer sur la logique individuelle de l'intérêt ou du profit, "un espace de valeurs", essentiellement le droit à la santé, la solidarité mais aussi la responsabilité (des consommateurs, des prescripteurs, des fraudeurs), il appartient aux politiques de définir, à un moment donné "l'espace onthologique" susceptible de mettre en cohérence le système global. Toute la difficulté est, qu'avec des acteurs très éclatés susceptibles de défendre leurs intérêts en résistant au changement, la décision politique nécessairement centralisée (Gouvernement+Parlement)ne pourra être acceptée et produire des effets positifs que si elle est prise au terme d'une concertation la plus large, de type "Grenelle de la Santé"! C'est la "méthode Borloo"...
Rédigé par : ContrelRdutemps | 24/12/2011 à 21:26
Deux des critiques principales qui sont faites (plus ou moins clairement) au "bouclier social" ne me paraissent pas très convaincantes: la première est que cela ne règle pas tout...Et alors? existe-t-il une solution miracle qui règle l'ensemble des difficultés d'un seul coup? Et sous prétexte que cela ne règle pas tout faut-il se priver des progrès rééls qu'il peut apporter (avec quelques ajustements), en terme de simplification et de justice?
Deuxième critique: Cela n'empêcherait pas les coûts d'augmenter! Rien ne permet de l'affirmer, d'autres solutions sont-elles plus sûres sur ce point? C'est en réalité hors sujet.
D'autres font état de difficultés techniques existant pour la création d'un tel bouclier...On peut travailler à les résoudre.
Je crois qu'il faudrait que "La Fabrique Sociale" crée, à partir de ce débat un groupe de travail, qui creuse davantage le sujet...Dans une optique positive! Le conservatisme et l'immobilisme (ou la demande de "révolution, qui revient au même car on ne la fera jamais), sont, dans ce domaine aussi, le pire des dangers.
Rédigé par : Marc d'Héré | 13/01/2012 à 12:51
Je voulais écrire "Bouclier sanitaire" et non social...
Rédigé par : Marc d'Héré | 31/01/2012 à 14:47