Niches fiscales en Outre-mer: la fin des abus
1. Christine Lagarde a envisagé de réduire les avantages fiscaux sur
les investissements tant productifs que locatifs en Outre-mer. Très
concrètement, que cela signifierait-il? Combien de personnes seraient
concernées ?
Contrairement à ce que j’entends
ici ou là, il ne s’agit en aucun cas de remettre en cause l’existence des
dispositifs pour l’Outre-mer. Ceux-ci ont largement participé à la croissance
de ces territoires et à la baisse du chômage. En 2006, ce sont par exemple plus
de 850 millions d’euros qui y ont été ainsi investis. Les niches fiscales
restent donc parfaitement opérationnelles et justifiées pour l’Outre-mer. Ce
qui n’est pas acceptable par contre, c’est leur utilisation abusive par les
très gros contribuables qui ne cherchent en fait à travers ces mécanismes qu’un
moyen pour ne plus payer d’impôt. Nous voulons favoriser au contraire par cette
mesure un accès plus populaire à la défiscalisation qui concerne aujourd’hui
environ 29 000 personnes.
2. Comment ?
En fixant un
plafond de défiscalisation dont les modalités restent à déterminer. Et en
prévoyant dans la future loi programme pour l’Outre-mer, qui devrait être votée
à l’automne au Parlement, des mesures pour les contribuables moyens. Je
souhaite les inciter à utiliser ces dispositifs pour favoriser notamment la
construction de logements sociaux. Ces niches fiscales pour l’Outre-mer
doivent avant tout bénéficier aux Français soucieux du développement de l’Outre-mer
et désireux de faire de bons placements.
3. Avez-vous été consulté sur cette proposition en amont? Comment la
jugez-vous? Quel en serait l’objectif précis? A l’instar d’Hervé Novelli qui
met en garde contre le plafonnement des niches fiscales sur les secteurs
sauvegardés, émettez-vous des réserves?
Je souscris aux orientations
proposées par Christine Lagarde. J’ai proposé notamment dans la perspective de
la future loi de développement de l’Outre-mer que l’on donne à ces niches
fiscales un véritable objectif social en les ciblant par exemple sur le
logement social plutôt que sur le logement de haut de gamme.
4. Ne craignez-vous pas que cette réforme annoncée ne puisse aboutir
comme d’autres dans le passé lorsqu’il s’agissait de réduire voire de supprimer
des niches fiscales?
Cette réforme est juste. Je
regrette la caricature de l’opposition à ce propos qui cherche à faire croire à
une suppression pour l’Outre-mer de ces leviers. A croire que la gauche incarne
désormais la défense des gros contribuables !

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